ThierryP a écrit:
Il y a bel et bien une hiérarchie entre les espèces: un vertébré au-dessus d'un mollusque, un oiseau au-dessus d'un insecte, un chien au-dessus d'un cobra, un primate au-dessus des autres mammifères, et l'homme tout en haut. Sinon, pourquoi autorise-t-on les abattoirs, et condamne-t-on l'homicide?
Affirmer qu’il existerait une hiérarchie « naturelle » et évidente entre les espèces — avec l’homme tout en haut — n’est pas une simple constatation biologique : c’est une construction philosophique. Et c’est précisément cette manière de penser qui a largement contribué à placer le monde dans l’état écologique critique que nous connaissons aujourd’hui.
L’idée que le vivant serait organisé comme une pyramide de valeur, où certaines espèces compteraient intrinsèquement moins que d’autres, a servi pendant des siècles à justifier l’exploitation sans limite des milieux naturels. Déforestation, extinction massive des espèces, artificialisation des sols, effondrement de la biodiversité : tout cela repose en partie sur cette conviction que l’humain serait extérieur et supérieur au reste du vivant.
Biologiquement, il n’existe pas de « classement moral » des espèces. L’évolution ne produit pas une échelle verticale, mais un arbre ramifié. Un mollusque n’est pas « inférieur » à un vertébré : il est simplement adapté à une autre niche écologique. Un insecte n’est pas « en dessous » d’un oiseau : il remplit des fonctions écologiques sans lesquelles l’oiseau lui-même ne survivrait pas. La notion de hiérarchie traduit nos valeurs, pas une réalité scientifique.
Quant à l’argument des abattoirs versus l’homicide, il relève du droit et de l’éthique humaine, pas d’une hiérarchie biologique universelle. Les sociétés humaines établissent des règles internes pour organiser la coexistence entre humains ; cela ne prouve en rien que l’ensemble du vivant serait structuré selon une échelle de dignité objective.
Si vous lisez par exemple Un monde immense de Ed Yong, vous découvrirez à quel point notre perception du monde est limitée par nos propres sens, et combien d’autres espèces vivent dans des réalités sensorielles d’une richesse insoupçonnée. Ce type de lecture conduit moins à hiérarchiser qu’à relativiser notre point de vue et à reconnaître que nous partageons la planète avec d’autres formes d’intelligence et de sensibilité.
En définitive, ce n’est pas le refus d’une hiérarchie qui pose problème aujourd’hui, mais bien l’adhésion persistante à cette philosophie de domination. C’est elle qui nous a conduits à considérer les écosystèmes comme des stocks de ressources et non comme des systèmes complexes dont nous dépendons. Repenser notre place dans le vivant n’est pas une posture idéologique : c’est peut-être une condition de survie.
Le pire c'est que celui qui ne veut pas comprendre continuera à sortir toutes les âneries qui arrange son propos
Voilà comment démontrer brillamment que le spécisme n'est qu'un arrangement, une construction virtuelle en faveur de celui qui veut justifier l'injustifiable, donc argumenter avec n'a plus de sens.
"repenser"... oui mais comme il n'y a que les cons qui ne change pas d'avis ...